Les humeurs du Bomber. Robby est parti!

DIMANCHE, 26 JANVIER 2020, 04:18 - Bomber
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AUTRE Robby est parti !
A 72 ans, l’artiste s’en est allé, celui qui fut le plus merveilleux joueur du RSCA a rejoint les étoiles.
 

Robby est parti !
Trois mots, qui resteront gravés à jamais dans ma mémoire.
Trois mots pour apprendre que Robby Rensenbrink, le plus grand joueur qui ait porté le maillot anderlechtois nous avait quitté.

Il est 21h19, mon smartphone vient de vibrer. Tiens ! Un message de mon ami Gérard !
Ce message tient en trois mots : Robby est parti !
En une fraction de seconde, je réalise et mes yeux s’inondent de larmes. Je suis effondré, anéanti !
Bien sûr, je savais que Robby était atteint d’une maladie dégénérative et que son état s’était aggravé ces dernières semaines, mais je n’imaginais pas qu’il disparaitrait aussi rapidement.

Robby, c’est l’idole de ma jeunesse !
J’avais 9 ans lorsqu’il a débarqué au Sporting en 1971 et 18 quand il a quitté le club en 1980.
Il a bercé mon enfance et mon adolescence de ses dribles, de ses accélérations et de ses buts.
Lorsque j’avais eu l’honneur de le rencontrer en décembre 2017, j’avais fait l’effort de lui exprimer en néerlandais toute l’admiration que j’éprouvais pour lui et je lui avais dit que pour moi, Robby Rensenbrink c’était Messi et Ronaldo réunis en seul homme.
Un peu exagéré ? Sans doute, mais lorsque l’on aime, on ne compte pas et l’on n’est pas nécessairement totalement objectif.
Objectivement, Robby fut un des meilleurs footballeurs de tous les temps. Pour moi, il fut LE plus grand.

Robby a émerveillé mes yeux d’enfant et l’ado s’est ensuite totalement identifié à lui.
Il était aussi effacé en dehors du terrain qu’il était flamboyant dans le stade.
Il a offert trois finales successives de coupe d’Europe à Anderlecht dont deux furent couronnées de succès en 1976 et 1978. Il permit même au Sporting d’atteindre le toit de l’Europe en remportant la Super coupe respectivement conte le Bayern de Munich en 1976 et Liverpool en 1978.
Battu 2-1 au match aller à Munich, Anderlecht l’emportait 4-1 lors du retour face à une formation qui comptait en ses rangs l’ossature de l’équipe d’Allemagne victorieuse de la coupe du monde 1974.
Deux ans plus tard, c’est Liverpool, pourtant vainqueur de la coupe des champions face à un certain FC Brugge, qu’Anderlecht parvenait à battre grâce, une fois de plus, à un Robby éblouissant.

Celui qui sera à jamais vénéré au Sporting aurait même pu devenir le héros de toute une nation en marquant le but de la victoire en finale de la coupe du monde contre l’Argentine.
Las ! dans les arrêts de jeu, son tir ira mourir sur le poteau et les Argentins remporteront la coupe dans les prolongations.
Robby obtint le ballon européen d’argent en 1976 et de bronze en 1978.
Il méritait certainement le ballon d’or en 1976, mais c’est un Beckenbauer vieillissant qui l’emporta et nul doute qu’il l’aurait reçu deux ans plus tard si ce foutu ballon avait terminé sa course au fond des filets de l'Albiceleste.

En 1980, Robby quitta Anderlecht par la petite porte au lendemain d’un match au Beerschot.
Ni adieu aux supporters ni cadeau. Seul, Fernand Beeckman, l’emblématique soigneur de l’époque vint lui faire ses adieux à Zaventem. Robby jouera encore un an à Portland aux Etats-Unis avant de terminer sa carrière à Toulouse.

Rendez-vous compte que ce joueur qui a rejoint hier le panthéon du football où il dîne avec Cruyff, Eusebio, Puskas et Di Stéfano a évolué durant neuf années au RSCA. Anderlecht a pu conserver durant pratiquement toute sa carrière un garçon qui joua deux finales de coupe du monde et qui fut deux fois sur le podium du ballon d’or.
Cela laisse rêveur !

J’ai beaucoup pleuré hier soir et croyez-moi, ce n’est pas dans mes habitudes. J’ai reçu énormément de témoignages de supporters de ma génération, un peu plus âgé ou un peu plus jeune qui m’ont confié ne pas pouvoir retenir leurs larmes.
Cela pourrait paraître excessif, disproportionné, voire indécent, car après tout, Robby n’était ni notre père ni notre fils ni notre frère ni un ami proche.
Et pourtant ! Pourtant, ce n’est pas un hasard si autant de personnes ont ressenti un chagrin immense en apprenant la disparition de « l’homme serpent ». Robby nous a tant émerveillé, tant fait rêver, tant apporté de joie et de fierté que nous avons tous ce sentiment d’avoir perdu un être cher.
Les plus beaux témoignages sont même venus d’amis et connaissances qui ne l’ont pas vu jouer, mais qui se sont associés à notre tristesse, car ils nous ont tant entendu chanter ses exploits qu’ils regrettent de ne pas être nés quelques années plus tôt pour avoir pu assister aux exploits de celui que les supporters appelaient « goal machine » !
Mais Robby n’était pas une machine, c’était un homme humble qui n’adorait pas les paillettes. L’or, il se trouvait dans ses pieds et plus particulièrement dans son extraordinaire pied gauche.

Il est 4 heures du matin et j’ai passé ma nuit à revisionner dans ma tête les prouesses de l’artiste.
Les larmes ont fait place à l’illumination, au rêve, à la nostalgie et même à un sourire.
Merci pour ces moments de joie intense, de pur bonheur et d’extase que tu m’as offerts, Robby, repose en paix au paradis des footballeurs.
Robby est parti ! Oui, Gérard, mais tu sais qu’il sera éternellement dans nos cœurs.
 

Source: © Source interne



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